Carnet de route du rock'n'roll
RetourSamedi 15 avril 2006 @ D'ici et d'Ailleurs VANNES
LIVE REPORT > Breizh Kamarad Night...
Vous qui pensez que la solidarite entre groupes est une vaine utopie, visez un peu ce fabuleux retour d'ascenseur au long cours... En avril 2004, grâce a l'ami d'un ami d'un ami, nous invitions ASTHENE (Angers) a venir partager l'affiche d'une soiree copinage sur Nantes. Au programme de cette "Kamarad Night" (dont le visuel restera dans les annales) : 2 groupes live & sets DJ jusqu'au bout de la nuit.
Le tout pour un prix hard discount. Mais une météo aussi estivale qu'inattendue pour un mois d'avril (presque 20 degres à minuit, un record) avait bien failli ruiner tous nos efforts d'intense promo. Résultat, un public plus qualitatif que quantitatif et une recette en conséquence... Pas grave, nous nous étions promis de faire la revanche en terre Angevine. Le temps a passé et l'occasion ne s'est jamais presentée. Aussi, il y a quelques semaines, quand Benoit (sympathique chanteur d'ASTHENE) nous a contactés pour jouer le match retour en terre Bretonne, nous avons sauté sur l'occasion...
Samedi 15 avril 2006. Week-end de Pâques. Grosse circulation. Première véritable sortie avec le nouveau tour bus. Deuxième date en 3 jours pour notre nouveau line-up. Justement, notre ami Steff (qui nous a rejoint en septembre) arrive la gorge totalement détruite. Avec cette voix et vu qu'il est d'origine Corse, ca lui donne un air de Don Corleone. Pour lui ce soir, les choeurs c'est no way !
Nous arrivons donc à Vannes à l'heure voulue, ce qui n'était pas forcément gagné d'avance. Nos retrouvailles avec les gars d'ASTHENE sont très chaleureuses (comme si on s'était vu la veille). Présentation de nos nouveaux bassistes respectifs. Eux aussi ont connu quelques petits changements de line-up. D'un avis unanime, ils ont fait une très bonne pioche. Ce gaillard est une vraie boule d'énergie montée sur ressorts. Notre timing est impeccable, nous trouvons cependant porte close en arrivant devant le rade. Le taulier arrive légèrement à la bourre. Son accueil est en position "minimum syndical", visiblement peu ravi d'avoir 2 groupes chez lui ce soir... D'ailleurs, acte manqué ou pas, seul ASTHENE est mentionné au programme de l'affiche sur la facade.
Je peux vous l'assurer, installer le matos de 2 groupes nécéssite toujours une certaine organisation. Mais dans l'espace qui nous est ici imparti, ca tient carrément du prodige (même avec une seule batterie). ASTHENE commence a faire ses réglages et déjà le proprio s'impatiente (c'est aussi un resto et il attend de la clientèle). Nous sommes vivement priés de bâcher nos balances a coup de lance-pierres... Du "peu cordial" il passe au franchement désagreable. Ainsi pour nous s'entame l'éternelle négociation du volume sonore. Voyant le coup venir, d'entrée de jeu on baisse sévèrement nos amplis et Yann joue sa caisse claire spéciale "Carrelage Land" (un truc qui sonne comme une bassine en plastique mais qui au moins ne fait pas exploser la vaisselle). Malgré notre bienveillance, il semble que l'on soit toujours trop fort... Le bougre annonce sans rire qu'il veut pouvoir "parler à ses clients" pendant qu'on joue. Eh mec, on joue du rock'n'roll ! Bref, ca se finit sur un match nul, on ramasse tout le bordel qui traîne. On a même reussi gérer le truc dans les temps.
Notre petite troupe s'amasse devant le zinc pour, croit-on, se faire offrir le verre de l'amitié... Notre langage corporel ne doit pas assez être assez explicite puisque, Anne ma soeur Anne, on a rien vu venir. Bon a ce moment là, y'a comme un ange de la taille d'un éléphant qui passe. Nous, les jours précédents on s'etait fait une joie de jouer dans un bar resto, rapport a la bouffe. Là encore, on peu se la mettre sur l'oreille pour se la fumer plus tard. Le deal (qui a ete géré par ASTHENE) et si on peu appeler ça "deal", c'est que vu qu'on est trop nombreux (8 en tout) le taulier refuse d'assurer la mangeaille. C'était visiblement la condition "sine qua non" pour pouvoir jouer à 2 groupes ! Pour notre part, on trouve ça un peu moyen comme plan. Mais vu qu'on est invités, on se retient de faire péter le scandale. Donc, direction le centre ville de Vannes (fort charmant d'ailleurs, à conseiller). Repas dans une gargotte tenue par deux ancêtres bien typiques. Les prix sont acceptables, la graille aussi.
Retour vers 23h et quelques au "D'ici et d'Ailleurs" (c'est le nom du lieu). L'endroit est a peu pres aussi plein qu'il peut l'être. C'est bizarre de se retrouver devant des gens à table. C'est dans ces moments là qu'on comprend mieux pourquoi y'a des groupes de rock d'un côté et de la chanson acoustique de l'autre. C'est pas pour être désobligeant envers les gens présents, mais franchement on n'a rien à foutre ici. Malgré tout, on se pose pas de questions et on envoie le truc. Yann effleure sa batterie. On a l'impression de jouer sur la pointe des pieds. C'est un peu dur de se mettre bien dedans. Mais bon du coup, on joue plus "propre". Et comme ce soir on gagne notre croûte sur les consos, faut s'arranger pour les gens renouvellent régulierement leurs boissons. Donc on coupe le set en deux. Première partie OK. Peut-etre un titre pas répété depuis plusieurs semaines qui est un peu rouillé. Pendant la pause, on vend quelques skeuds. Une brochette de quinqua (certaines ont encore de beaux restes) vient me brancher. Les dames me sortent des références des familles. Elles trouvent qu'on sonne un peu comme Slade, Deep Purple ou Kiss. Bon c'est comme tout, les gens viennent avec les références qu'ils ont, c'est l'auberge espagnole. Marrant l'histoire de Kiss, y'a un autre type qui m'a sorti la même 5 minutes avant. Pourtant on a laissé nos plateforme boots et notre maquillage à la maison...
Le temps de finir ma premiere binouze sur mes trois tickets consos (offerts gracieusement par la maison) et on enchaîne le deuxième set. On prévoit quelques coupes, vu qu'il y a 2 titres qu'on a pas fait tourner depuis des siècles et qu'on est pas suicidaires non plus. On insère le titre d'ouverture qui visiblement a fait recette au premier set (un nouveau titre qu'on retrouvera sûrement lors de notre prochaine session studio, mais on en reparlera). On finit comme d'hab' avec le medley.
Quand nos camarades ASTHENE entament leur run, il se fait deja bien tard et une partie du public a deserté. Pour autant, ils font leur truc comme il faut. Ahmed leur bassiste se déchire comme si c'etait le dernier concert de sa vie. Au fur et a mesure leur son prend de l'épaisseur et laisse entrevoir de belles perspectives pour l'avenir. Quelques reprises bien senties. La voix de Benoit est vraiment exceptionnelle. Petite remarque cependant, le groupe gagnerait a se détacher d'influences Muse parfois trop flagrantes. Vu le nombre de personnes restantes, ils jouent finalement leur set d'une seule traite. Apres une pause, on plie bagage. Il est 4h30 du mat et il est temps de prendre le chemin du départ. Nos relations avec le patron finissent comme elles ont commencé : pas un "au revoir", pas un "merci", pas un "c'etait bien", pas un "à bientôt". J'ai connu des fins de concerts en Bretagne nettement plus festives. Sur le trottoir, on se partage la maille glanée avec nos collègues. Y'a pas bézeff, mais ça couvre les frais. C'est déjà ça.
Sur le chemin du retour, grosse discussion philosophique sur le contexte actuel des "musiques amplifiées" et les relations avec les petits lieux de proximité pour les baladins de notre espèce. Conclusion personnelle et toute subjective, à moins d'y être vraiment contraint, vous n'etes pas obligé de venir poser vos amplis dans ce rade de Vannes...
Nous arrivons dans nos pénates vers 6h, c'est ça la vie d'artiste !
Je passe le dimanche au radar. Pour moi les cloches de Pâques, c'est plutot Hell's Bells...



