Carnet de route du rock'n'roll
RetourLa Gargouille / Naoned (parfois un peu) Rock City !
Bien avant le foie gras, la dinde fourrée aux marrons et les étrennes de Tatie Jacqueline, EL ROYCE invente le concept de Noël en novembre ! Faut dire, pour ceux qui n'auraient pas suivi l'affaire, que nous aurions du déjà jouer à la TAVERNE DE LA GARGOUILLE en mai dernier, mais c'était sans compter sur un voisinage ombrageux et récalcitrant qui nous avait contraint à l'annulation pure et simple (CF. "Banned In Naoned"). Aussi, on était pas peu fier de venir prendre notre revanche quelques mois plus tard et envoyer le bois, même à l'heure où l'on sert la soupe dans les maisons de retraite...
A occasion spéciale, concert spécial, nous avions prévu quelques petites surprises pour les chanceux présents (certains sont restés à la porte, d'autres ne savent tout bonnement pas lire l'heure sur les flyers). Mais (dixit l'excellent Monsieur X tous les samedi à 13h20 sur France inter) n'allons pas trop vite !
Il pleut sur la gare de Nantes, Barbara ne chantera plus et par une alchimie météorologique propre à notre belle région, ça rince partout sur environ 100 km2.
Pour ceux qui ne sont pas du coin, faut savoir que le sympathique établissement dans lequel nous nous apprêtons à officier est situé dans le quartier Kervegan, rénové de frais, avec un très sympathique plateau piétonnier où les bagnoles sont désormais persona non grata. L'idée de trimballer notre matos sur plusieurs centaines de mètre (à la main et sous la flotte) a du mal à nous séduire.
Grâce à mon enseignement auprès d'Obi-Wan Kenobi, je dois user de tous les charmes de la force Jedi pour réussir à convaincre un préposé de la voirie de nous donner notre sésame. Craignant sûrement pour leur vie, ces charmants gardiens du temple opèrent désormais à distance et par le truchement d'un interphone. On arrive, j'appuie sur le bitonio, une charmante voix de ténor sous valium m'invective, je déballe mon bonniment de vendeur d'encyclopédies Universalis (en 15 volumes), temps de réflexion...
Bingo ! Un ticket sort du bazar et la bitte (le plot, quoi) s'escamote dans le sol. La voie est libre ! Pile poil, on gare la bétaillère devant la taverne.
Il est 17 heures, nous avons exactement 1 heure pour installer nos 2m3 de bordel sonore dans les 4m2 qui nous sont impartis et envoyer la sauce (les consignes sont claires et nettes : début 18h). Sachant qu'une machine à pression débite 25cl par godet et qu'il y a exactement 2 jambes par pantalons, calculez le volume en watts. A vos crayons, vous avez une heure avant que je ne ramasse les copies... Top chrono !
Comme vous pouvez l'imaginer, en grands professionnels du spectacle que nous sommes nous arrivons à mener rondement notre affaire et après quelques essais de son (fort - bah oui - mais pas agressif, grâce à la déco toute en bois du bar), nous sommes prêts à l'heure dite. Et comme on est pas chiens, ce soir on a décidé de choyer notre public chéri avec un premier set exclusivement composé de reprises (certaines d'ailleurs tout juste bossées de l'avant-veille, donc pardon aux auteurs pour parfois quelques petites approximations insignifiantes).
Visez un peu le programme : on démarre avec "Live Wire" (ACDC) certes pris un peu mou du genou mais point trop (plutôt version studio), les connaisseurs apprécieront. On reste au pays des Kangourous avec "Remedy" (Rose Tattoo) chauve qui peut ! Changement de continent avec "Can't Stand Losing You" (The Police) et un break screamo au milieu de notre cru et de bon aloi.
On enchaîne, toujours avec des rejetons d'Albion avec "Paint It Black" (Rolling Stones) réarrangé par nos soins. Bon là, faut être honnête le père Jagger, il a pas lésiné sur les textes, ni sur la formule alambiquée (sûrement usitée dans la poésie courtoise de l'ère victorienne). Malgré le soutien et les efforts de ma charmante répétitrice personnelle (qui m'a harcelé jusque dans le cinoche la veille avant le visionnage de l'inénarrable Borat), j'avoue que parfois j'ai un peu troqué la prose de Mick le Lippu contre du dessert lacté d'origine bulgare...
On poursuit dans le style Canada Braille avec "Try Honesty" (Billy Talent) qui fait toujours son petit effet. Vient alors le tube de vos prochaines vacances "The Joker" (Steve Miller Band) à la sauce pop punk façon EL ROYCE et c'est le feu assuré. En guise de coup de grâce, on dégaine notre super atout, avec notre désormais célèbre medley wok'n'lol qui je le rappelle, enchaîne pendant près de quinze minutes et en tonalité de Mi, un florilège des grands standards de Rock qui on bercé la jeunesse dorée de près de la moitié de l'humanité (bah ouais, c'est pas rien).
Notre pot-pourri se compose comme suit : ça démarre tranquillou avec "Born To Be Wild" (Steppenwolf) façon stoner gavé au Lexomil. Paf ! Sans crier gare c'est "War Pigs" (Black Sab / Faith No More pour les plus jeunes) qui se trimballe. Chlop t'as rien vu venir ! C'est "Whole Lotta Love" (Led Zep) qui s'enchaîne avec "Wanna Be Your Dog" (Iggy Stooges). Bon déjà là, ami lecteur tu crois que y'en a plus ? Bah quand y'en a plus, y'en a encore. Puisque c'est "Let There Be Rock" (ACDC). Petit retour sur "Born To Be Wild" (joué cette fois, tambour - et c'est rien de le dire - battant). Break. Bordel. Fausse fin. Et ça repart avec "Ace of Spades" (de vous savez qui, sinon allez vous faire cuire un oeuf ou cherchez dans Google bandes d'ignares). Bordel. Vraie fin. Ouf ! Belote, re et dix de der !
Autant dire qu'à ce moment là, ça chauffe salement dans la Gargouille. Les gaziers présents se tapent la bite sur le comptoir. Y sont comme l'équipe Festina avant le Tourmalet, totalement galvanisés par notre potion magique. C'est du miel mille fleurs qui s'écoule de leurs oreilles !
On annonce une pause (normal t'as vu le programme ?). Finalement, Nico le charmant patron de céans vient nous voir, il préfère qu'il n'y ait pas de pause. Gasp ! Ah oui aussi, il nous reste 20 minutes. Re-gasp !
On doit donc faire quelques coupes dans la suite de notre brillant programme, qui cette fois-ci n'est composé que de titres 100% EL ROYCE. Faut bien vendre sa soupe, nan ? On se concentre sur les titres du CD plus quelques nouveautés. Tout le monde est bien dans le bain. Notre cru reçoit un très bon accueil. On fait un dernier titre en rappel, qui met tout le monde d'accord. Il est 19h30, extinction des feux. Soit près d'une heure avant l'heure prévue annoncée. Quelques retardataires en sont pour leurs frais.
Contrairement à d'habitude, on tape la discute devant quelques godets avant de démonter. Y'a même mon cousin Micka (sosie du bassiste de Van Halen quand il a la barbe, mais en plus beau) qui est venu me faire la surprise (décidément c'est le grand soir des surprises). L'ami Willy (Cash Stevens) fuit la taverne avant de tomber dans un traquenard. On vend quelques skeuds (marketing direct pas assez agressif selon certains conseils avisés). Pliage rapide et efficace.
Comme Nico le taulier sait faire les choses bien, il nous a réservé une table à la crêperie "Mais Où Est Donc Bécassine" juste derrière. Mets délectables, grosse rigolade. On apprend que ça aurait pu s'appeler "la crêpe folle" mais trop connoté selon les proprios (tu m'étonnes). Dans les chiottes, je chope un petit périodique gratuit gay. Nos voisines de table bavent littéralement devant tous ces corps sculpturaux et huilés... désolé les filles, j'crois pas qu'ils mangent de ce pain là ! On repasse à la Gargouille pour dire bonsoir, c'est totalement bondé, on s'éclipse. Fin de soirée pour un dernier café chez Miss A-Nesspresso. Yann et Steff (malgré un solide mal de crâne) sont totalement déchaînés et décident de refaire la déco de l'appart' à grands coups de rouleaux de PQ ! Re-grosse rigolade. 3 heures du mat'. Retour dans nos pénates. Rangement du matos. Je m'écroule dans mon lit pour une nuit de sommeil réparateur (sans rire). C'était vraiment une très chouette soirée. Il est 4 heures. C'est beau la vie d'artiste.
http://bargargouille.free.fr/
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/rendezvousavecx/



